L’histoire des soldats portugais est celle de son père

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Un drapeau portugais et un drapeau français en début de parcours marquaient bien le sens de l’exposition proposée par Félicia Pailleux-d’Assunçao, gardienne de la mémoire franco-portugaise dans le Lillérois et bien au-delà, puisqu’elle a déjà eu l’honneur d’être reçue par le président de la République portugaise.

Lundi matin, en guidant René Hocq, les élus et autres personnalités locales, elle rappelait devant les photos présentées, le sens de l’engagement portugais durant la première guerre mondiale, et les sacrifices consentis en tant qu’alliés de l’armée britannique, notamment lors de la bataille de la Lys, du côté de Lacouture, Richebourg ou Saint-Venant. L’histoire de ces soldats est celle de son père qui n’est pas reparti au Portugal après la guerre. Comme beaucoup d’autres, il avait trouvé l’âme sœur au hasard des quelques moments de répit à l’arrière du front et a fondé une famille. Cela explique en grande partie pourquoi il y a tant de noms de famille à consonance portugaise dans nos communes… Les Ferreira, Da Costa, Barbara, etc. « Mon père, expliquait-elle, ne parlait pas beaucoup de la guerre… Un souvenir douloureux. J’ai voulu comprendre ; j’ai attendu d’avoir l’âge ; j’ai voulu perpétuer la mémoire et le souvenir de l’engagement de mon père ». Et d’engagement – que René Hocq qualifie de « sans faille » – il en est encore question aujourd’hui lorsque Félicia d’Assunçao porte le drapeau des anciens combattants portugais dans toutes les manifestations patriotiques et collecte quantité de documents qui viennent enrichir une collection personnelle déjà forte des souvenirs que lui a laissés son père.
Ouverte au public durant toute la journée de lundi, prélude au centenaire de la Grande-Guerre, l’exposition attiré de nombreuses personnes de toute la région… D’origine portugaise pour certaines, en quête sans doute, de leurs racines ; des membres de la famille (nombreuse) de Félicia, soucieux sans doute de garder en leur mémoire le sens des photos familiales présentées ; des amateurs d’histoire qui noteront aussi que les soldats portugais sont souvent restés dans l’ombre des Britanniques… comme les Marocains, les Algériens ou les Sénégalais , dans l’ombre des Français. Puisse le centenaire de la Grande-Guerre rétablir l’ordre des choses.

Présentée aux scolaires hier mardi, l’exposition – du moins une partie – sera à nouveau visible salle Marcel-Chevalier du 2 au 7 décembre, avec un temps fort le vendredi 6 à l’initiative du Club Ortie.

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