La vie quotidienne à Bures-Morainvilliers s’organise

Nous continuons aujourd’hui notre tour d’horizon des Bure(s) d’Europe où nous avons quelques contacts. Nous restons en France, à Bures-Morainvilliers, dans les Yvelines, où Amanda Pike vit en confinement avec une partie de sa famille.

Ses deux garçons, Fredrick et William, étudiants, en Angleterre pour l’un et en Belgique, pour l’autre, qui venaient juste de terminer leur trimestre, sont rentrés en France juste avant l’obligation de confinement. Devant eux, les cinq semaines de vacances et après ? « Ils ne savent pas encore s’ils auront un troisième trimestre ou si cela sera par des classes virtuelles ». Quant à sa fille Émily qui travaille à Londres, elle a décidé de rester dans son appartement, en télétravail depuis déjà trois semaines.

Amanda Pike lors de sa venue à Burbure en août dernier. Photo © Votre Info

Organisation familiale bouleversée
Dans la famille Pike, la crise sanitaire a pour principale conséquence un bouleversement dans l’organisation familiale. William s’est confiné dans la famille de sa copine à 30 minutes de Bures : « nous communiquons avec lui comme s’il était resté en Angleterre ». Outre le fait qu’il doit apprendre à vivre dans une autre famille, il est aussi confronté au fait de ne plus pouvoir s’entraîner. Tireur à l’arc de haut niveau, avec normalement deux heures de tir par jour, il garde la forme grâce au fitness et à quelques exercices adaptés.
À l’inverse de son frère, William s’est confiné chez papa-maman… avec sa copine Adriana qui est donc arrivée à Bures. « Nous sommes donc confinés à quatre et un rythme commence à s’installer ».
À la maison, tout le monde travaille. Amanda et Martin son mari sont en télétravail. Adriana qui est étudiante en France suit les cours à distance. Fredrick essaie de travailler sur sa thèse de masters, ce qui n’est pas évident car le contenu doit être repensé complètement faute de pouvoir effectuer des expériences. Chacun a son coin pour travailler, tout le monde se retrouvant pour les repas et passer la soirée ensemble.
Pour conserver la forme, « nous poussons le canapé et faisons le sport dans la maison », en suivant sur youtube, le programme proposé par un jeune formateur du village, responsable du sport en milieu rural. Sinon il y a le jardin et, comme tout le monde (c’est la règle), la possibilité de sortir dans un rayon de 1 km autour de la maison.

Le sport à la maison.- Photo © Pike

Il faut s’adapter
Les gens doivent aussi s’adapter d’un point de vue pratique. L’intercommunalité a demandé à ce que les gens ne sortent pas plus de trois sacs de déchets verts (au lieu du 10 habituellement) parce que tout le monde s’est mis au jardinage (les jardins sont très beaux) et que les éboueurs sont débordés pour la collecte.
Aller au supermarché est une galère. Il y a queue sur le parking pour éviter qu’il y ait trop de monde dans le magasin. Il y a pénurie de savon, de gel hydro-alcoolique, de produit lave-vaisselle, de lait, d’œufs et de beurre depuis deux semaines. Plusieurs produits sont rationnés : pâtes, riz, eau, céréales, etc. Il y a quand même une amélioration après « la vague des achats de panique ». Et quoi qu’il en soit « nous ne pouvons pas nous plaindre », poursuit Amanda. « Nous avons un boulanger qui livre le pain, il y a plusieurs maraichers dans le coin qui font de la vente directe, des restaurateurs qui font des livraisons en tournée et un boucher-charcutier qui installe son camion en face de la maison  le vendredi midi ». Le malheur des uns fait le bonheur des autres : les bouchers locaux disent que leur chiffre d’affaires augmente depuis deux semaines. Il est vrai que les gens sont à la maison, qu’ils ont le temps et ont envie de manger des bonnes choses ; une petite sortie pour aller chercher de la viande est la bienvenue.

Ouverture de centres Covid-19
Dans les villes voisines, des centres Covid -19 ont été ouverts pour trier les malades et désengorger l’hôpital en préparation du pic attendu pour les semaines à venir. Il est beaucoup question de solidarité avec les personnels hospitaliers, pour la livraison de repas par exemple, mais il y a aussi des histoires de vols de badges dans les voitures stationnées sur les parkings.
À Bures-Morainvilliers, les équipes et les personnels municipaux travaillent à distance, sachant que les élections du 15 mars, ont reconduit la liste (unique) de Mme Devèze. Une personne va en mairie chaque jour pour relever le courrier et gérer les urgences. Les deux cantonniers peuvent intervenir si besoin. « Nous veillons à ce que les personnes âgées et vulnérables, parfois privées de leurs aides habituelles, ne manquent de rien et que leurs courses soient faites ».

Et les congès ?
Après le déni et le refus, les gens commencent à accepter leur confinement, sachant que pour beaucoup, le rythme changera encore à la fin de la semaine avec le début des deux semaines de vacances scolaires.
Bien  évidemment, il n’est pas question de voyager : « Nos deux semaines prévues en Angleterre en avril sont annulées mais j’ai réussi à me faire rembourser intégralement des hôtels, ferry, locations, etc. J’ai pu annuler mes vacances et programmer plus de cours à distance. Mon mari par contre n’a pas cette chance. Les congés déjà posés doivent être pris… Il sera en vacances dès jeudi midi jusqu’au 16 avril. Je ne sais pas ce qu’il va faire. Les magasins de bricolage sont fermés sauf pour un service drive de dépannage. Peut-être qu’il va terminer le livre qu’il a commencé en 2018 ! ». Témoignage recueilli par Philippe Vincent-Chaissac / Votre Info

Jeu traditionnel dans le jardin.- Photo © Pike

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