Louis Courtois, mort pour la France

Louis Courtois avait effectué son service militaire au 110e RI... Pour la seconde guerre mondiale, il a été mobilisé au 310e RI (repro PVC).

Né à Burbure en 1907, prisonnier de guerre en Allemagne, décédé en 1956, reconnu mort pour la France en 1964… Louis Courtois devrait bientôt avoir son nom gravé dans la pierre du monument aux morts de la commune.

C’est une petite plaque déposée au pied dudit monument qui a attiré notre attention. Et de chercher à comprendre le pourquoi du comment. De remonter jusqu’à son fils René Courtois, un retraité de 66 ans, aujourd’hui installé à Bailleul-lès-Pernes.  L’homme nous raconte que son père a été fait prisonnier en juin 1940, sans grande précision supplémentaire. « Je crois que cela s’est passé dans les Ardennes, dans une forêt… Je n’ai pas de document précis, seulement les souvenirs de mon enfance, de ce que mon père racontait… et il ne disait pas grand-chose ». Toujours est-il que Louis Courtois dont le père, aussi prénommé Louis, était menuisier et marchand de meubles dans le bas de la rue Noémie-Delobelle, a été interné au Stalag XII B de Trêves en Allemagne, pour travailler dans une ferme où il a contracté une maladie pulmonaire puis cardiaque. « Le journal qu’il a tenu pendant toute sa captivité, et qui était visé par les autorités allemandes, témoignait de sa maladie et de ses fréquents passages à l’infirmerie du camp ». Il a donc été « libéré par les Allemands et rapatrié par un train de malades » Dans le même convoi se trouvaient deux autres soldats iriginaires de la région : Emile Merlot, de Calonne-Ricouart, et Paul Florisse, d’Auchel. C’est ainsi qu’il a retrouvé sa fiancée en janvier 1942, s’est marié à Divion, s’est installé à Auchel et a eu deux enfants, René donc né en 1944 et Pierre, né en 1947.
Bachelier, ce qui était plutôt rare à l’époque, avec une mention Bien en philosophie, Louis Courtois qui avait étudié l’Allemand, le Grec et le Latin au collège Saint-Vaast à Béthune (il voulait être prêtre) a enseigné durant quelques temps… à Divion, Berguette, Gosnay, puis à l’école des galibots à Saint-Pierre-lez-Auchel puis Auchel même, avant de partir travailler aux grands bureaux. Mais durant toutes ces années, il a toujours été malade. Jusqu’en 1956 où son état à empirer, décédant à l’hôpital de Béthune. Ses funérailles ont été célébrées le 15 mars en l’église de Burbure, suivies de l’inhumation dans le caveau de famille au cimetière dudit lieu, pour reprendre la formule consacrée.
« Ce n’est que quelques années plus tard  que nous avons entamé les démarches pour que mon père soit reconnu Mort pour la France », continue René Courtois. Emile Merlot et Paul Florisse ont témoigné en sa faveur. Et le cahier dans lequel il consignait sa vie de prisonnier au jour le jour, a beaucoup compté au moment du jugement du tribunal rendu en 1964. Malheureusement, « il est resté dans les archives judiciaires et je n’ai que quelques phrases que ma mère avait recopiées à l’époque ».
La vie a ensuite continué… plutôt mal. Orphelin de père à 13 ans, René Courtois perdait sa mère neuf ans plus tard. « J’avais 22 ans. Avec mon frère Pierre, nous nous sommes retrouvés seuls ». Un moment domicilié à Burbure dans la maison familiale qu’il avait retrouvée, il a bénéficié de son statut de pupille de la Nation pour suivre une formation de dessinateur en bâtiment. De là, il est entré à la mairie de Valenciennes et a fait toute sa carrière professionnelle dans la fonction territoriale, comme dessinateur puis contrôleur de travaux à la mairie de Saint-Saulve. À l’heure de la retraite, il est donc revenu dans la région, à Bailleul-lès-Pernes où il passe une bonne partie de son temps aux recherches historiques et généalogiques. Pour lui, faire inscrire le nom de son père sur un monument aux morts est la suite logique des choses… Cela aurait pu être à Auchel où Louis Courtois était domicilié au moment de son décès, mais que ce soit à Burbure paraît plus normal, puisqu’il y est né et enterré. René Courtois attend maintenant ce moment avec impatience.

Sur cette photo l'on reconnaît Louis Courtois (à gauche) en captivité à Trêves. - Repro PVC

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