Arthur Dave, héros de l’incendie de l’Opéra comique de Paris

Né le 11 mai 1858 à Burbure dans une famille de cultivateurs, Arthur Dave, l’ainé des neuf enfants de Pierre Dave et Adélaïde Bourgois, s’est engagé dans les sapeurs-pompiers de Paris le 7 mars 1879 à Béthune… Engagement qu’il a renouvelé plusieurs fois pour sortir des contrôles le 11 mai 1908, atteint par la limite d’âge.

2e classe lorsqu’il est entré à la brigade, il est passé par les grades successifs de caporal, sergent, sergent-chef et adjudant en 1893. L’année 1891 a été un tournant dans sa carrière, en devenant secrétaire du colonel (3 janvier) et télégraphiste (30 mars). Mais, ce qui retient surtout l’attention, c’est qu’il a été nommé chevalier de la Légion d’honneur par décret du 11 juillet 1908, la distinction lui ayant été remise par le colonel Vuilquin. Suite logique d’un acte de courage et de dévouement qui lui avait déjà valu la médaille militaire en 1887… Selon le Journal officiel de l’époque, Arthur Dave (déjà titulaire de la médaille d’honneur en argent depuis le 18 mars 1884) s’est illustré dans la nuit du 25 mai 1887, lors d’un incendie qui a détruit la salle de représentation de l’Opéra comique (défectuosité de l’éclairage au gaz située au-dessus de la scène) de Paris, qui a coûté la vie à plusieurs dizaines de personnes (de 84 à 110 selon les sources) dont 16 membres du personnel (danseuses, choristes, ouvreuses…) et fait plus de 200 blessés. Ce  soir là, les sapeurs-pompiers qui utilisaient pour la première fois des échelles de 80 mètres sont intervenus par centaines, sauvant notamment les spectateurs refugiés sur l’entablement du sixième étage ainsi que les costumières parvenues sur le toit. Qu’a fait Arthur Dave dans ce contexte de catastrophe ? On ne le sait pas avec précision mais un article de presse de l’époque donne une idée de ce qui a pu se passer. Un témoin raconte dans La Nature (n° 733 du 18 juin 1887 et numéros suivants) qu’il lui a été donné « d’assister au sauvetage de deux malheureuses femmes que l’on apercevait tout en haut du monument, au-dessus de la dernière corniche qui borde les toits […] Les sapeurs que j’ai vus à l’action, ont montré le courage et le dévouement qui sont l’honneur de leur corps. Les flammes s’élevaient déjà de toutes parts des toits et des fenêtres mansardées. La fumée enveloppait le monument tout entier, mais de temps en temps, un coup de vent la rabattait, et l’on voyait alors les deux malheureuses, faire des gestes désespérés. Parfois elles semblaient vouloir se jeter du haut de l’édifice, et la foule qui les voyait d’en bas, leur criait avec une angoisse que rien ne saurait dépeindre : « Attendez, attendez, voilà les pompiers ! ». Une immense échelle à montants mécanisés arriva ; on la plaça devant la façade de l’Opéra comique, on la dressa de toute sa longueur, et les pompiers montèrent jusqu’à sa partie supérieure. Mais l’échelle n’atteignait pas encore le sommet de la toiture : il fallut descendre en chercher une autre, plus petite. Un sapeur, resté au sommet de l’échelle commençait pendant ce temps à lancer l’eau de l’extrémité de la lance qu’il tenait à la main. Les flammèches tombaient de toutes parts autour de lui, mais il restait impassible au milieu du feu. Un autre pompier ne tarda pas à monter avec une petite échelle qu’il posa sur une des corniches du monument ; il atteignit enfin les malheureuses qu’il aida à descendre, au milieu des acclamations de la foule ». Arthur Dave était-il de ces deux pompiers là ? Il faudrait aller plus loin dans les recherches pour en avoir la certitude… en sachant qu’au final, ils sont quatre à avoir reçu la Légion d’honneur pour leur courage durant cette terrible nuit du 25 mai 1887.
Arthur Dave s’est retiré à Fontaine-sous-Bois. Pas marié, il est mort sans descendance.

Nos illustrations:
Poste de télégraphie chez les sapeurs-pompiers de Paris, début XXe siècle (CPA) et L’incendie et l’usage des échelles de sauvetage (extrait de l’Art Lyrique français)
Sources : L’art lyrique françaisWiki Pas-de-CalaisGrande chancellerie de la Légion d’honneur – Généalogie Pierre Lecocq – État civil de la commune de Burbure.
À compléter : Cet article peut être complété en fonction des documents qui pourraient enrichir la recherche

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