Cinq Burburains y sont hébergés : équipes formidables à l’Ehpad Les-Remparts à Lillers

À l’Ehpad Les Remparts à Lillers où résident cinq Burburain(e)s, comme dans tous les Ehpad de l’Hexagone, la mobilisation est totale en cette période de pandémie. Très régulièrement, l’établissement, à travers sa page Facebook, donne des nouvelles de ses résidents à travers des photos et des vidéos. Une jolie façon pour les familles d’être rassurées du bien être de leurs parents, de leurs grands ou arrière-grands-parents. Pour l’équipe de l’Ehpad, c’est une situation inédite évidemment. Lourde de conséquences au quotidien pour le personnel, comme le souligne Bruno Wiart, directeur de l’établissement dans une interview qu’il nous a gentiment accordée.

On imagine que vous êtes en situation de confinement, comment ça se passe?
« Nous avons été confinés bien avant la population car nous avions déjà reçu des recommandations de l’ARS en ce sens. Très vite, les entrées ont été limitées, et répertoriées, de façon à pouvoir obtenir une meilleure traçabilité en cas de problème. Puis le confinement s’est renforcé. Les unités ont été isolées. Les repas aujourd’hui ne sont plus pris collectivement, les animations ont été arrêtées sous la forme que les résidents connaissaient auparavant. Tout le monde est mobilisé pour apporter du bien-être dans les chambres, y compris le personnel administratif… qui fait un peu moins d’administratif. Nous sommes très attentifs à tout, car l’isolement peut créer du stress, de l’anxiété… »

Vos résidents sont-ils au courant de la situation à l’extérieur?
« Bien-sûr, ils en ont parfaitement conscience pour la plupart. Ils s’en sont aperçu d’eux-mêmes puisqu’ils ne reçoivent plus de visites. Et puis c’est dans la philosophie de l’établissement: nous sommes transparents avec eux, on les informe de ce qu’il se passe » .

Votre personnel est-il confiné lui aussi dans l’établissement?
« Non, chez nous ce n’est pas gérable. Il est vrai qu’on peut voir aux informations nationales des établissements où tout le monde est confiné. Mais ce sont de petits établissements. Nous avons 130 lits, avec une forte composante de malades Alzheimer… La charge psychologique est très lourde en temps normal… alors en situation de crise comme celle-ci, notre personnel doit se ressourcer, avoir des jours de repos. »

Comment va le moral de vos troupes?
« Nous avons des équipes formidables et innovantes. Mais encore une fois la charge psychologique est lourde. Nos équipes ont besoin de parler, et certains membres peuvent s’ils le souhaitent discuter avec notre psychologue. L’échange est très important.  Nous sommes des professionnels, nous ne sommes pas et ne pouvons pas remplacer la famille, mais dans ce contexte, nous sommes obligés d’être plus proches, plus à l’écoute encore. »

Du point de vue matériel, comment cela se passe-t-il pour vous?
« Comme dans tous les établissements nous avons manqué de moyens. Nous n’avions que très peu de masques, il a fallu une grosse organisation pour savoir comment le stock allait être géré de façon précise. Pour les masques, nous venons d’être livrés par l’ARS. Ils nous manquent encore des surblouses, notamment pour les soins directs. Mais les équipements de protection ne sont pas notre seule contrainte. La gestion du stock de médicaments et tout ce qui est alimentaire demande une vigilance permanente. Il faut être attentif à tout. »

Propos recueillis par A. Top, Votre Info

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